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Condé-sur-Sarthe Il braque une arme sur un pompier venu à son secours : un an de prison avec sursis

Les pompiers intervenaient pour une tentative de suicide lorsque l'homme, fortement alcoolisé, a pointé un fusil de chasse non chargé, à quelques centimètres du visage d'un des secouristes.

19/04/2017 à 10:00 par Antoine Sauvêtre

Les pompiers étaient appelés pour une tentative de suicide. (Photo d'illustration) -
Les pompiers étaient appelés pour une tentative de suicide. (Photo d'illustration) -

À leur arrivée au domicile d’un quinquagénaire à Condé-sur-Sarthe, lundi 6 février 2017, vers 23 h, les pompiers découvrent un homme « fortement alcoolisé ». Un peu plus tôt, des amis du Condéen ont signalé que ce dernier avait l’intention de se donner la mort.

L’homme refuse violemment le bilan de santé des secouristes et les menacent d’abord à l’aide d’un couteau car il « ne voulait pas être touché ».

« Un véritable petit arsenal »

En inspectant la maison, les sauveteurs remarquent la présence « d’un véritable petit arsenal » selon les mots du président du tribunal correctionnel d’Alençon, devant lequel l’homme comparaissait, jeudi 13 avril 2017. Le magistrat énumère :

« Un pistolet à gaz, une carabine 9 mm, une 22 long rifle avec lunettes, des cartouches, une épée, trois katanas… »

Des armes « inconnues au fichier », précise-t-il.

Inquiets, les pompiers appellent la police. Avant l’arrivée des forces de l’ordre, l’homme continue de résister aux soins et s’agite dans les différentes pièces de la maison.

Un fusil de chasse non chargé

Lorsqu’il rejoint la cave, il s’empare d’un fusil de chasse et le pointe vers l’un des pompiers. Le juge précise :

« Vous l’avez braqué à seulement quelques centimètres de sa tête. »

L’arme se révélera non chargée, « mais le pompier visé ne pouvait pas le savoir ».

Quatre hommes seront nécessaires pour maîtriser l’individu, particulièrement résistant. Un test d’alcoolémie, réalisé 10 heures après l’incident car l’homme refusait de s’y soumettre, révélera un taux de 0,07 mg, soit « entre 1 g/l et 1,5 g/l au moment des faits », indique le juge.

Plusieurs tentatives de suicide

À la barre, le prévenu reconnaît les faits et son « état d’ivresse avancé » qu’il explique par une forte dépression depuis plusieurs mois. Il indique qu’il avait bien « la volonté de se suicider » avant l’arrivée des pompiers. Il avait d’ailleurs déjà été appréhendé par la police à Granville, il y a quelques mois, alors qu’il menaçait de sauter d’une falaise.

Si, à cause de l’alcool, il « ne se souvient plus avoir agressé un pompier », le Condéen tient à « s’excuser envers tous les pompiers présents ». Lorsqu’il évoque une arme « qui n’était pas chargée », le magistrat le coupe : « Le pompier visé ne pouvait pas savoir. »

« Il était là pour vous aider et a fini avec une arme pointée sur lui. »

1€ symbolique de dommages et intérêts

Le pompier vers qui l’arme était dirigée ainsi que ses quatre collègues présents sur place se sont tous portés partie civile et réclament 1 € symbolique de dommages et intérêts « compte tenu de la situation économique » du prévenu. Ils ont cependant tenu à ce qu’un message soit lu à l’audience.

« Cette bienveillance ne pourra excuser l’attitude du prévenu car lorsque les pompiers se déplacent, ils viennent pour porter secours à une victime. »

L’homme, déjà visé par trois condamnations notamment pour rébellion et pour une trop forte consommation d’alcool, vit seul dans sa maison condéenne. Depuis plusieurs mois, il est en arrêt de travail à cause d’une dépression. Divorcé, il « ne voit plus qu’un de [ses] trois enfants ».

« Quelles que soient les difficultés que vous puissiez avoir, votre attitude est tout à fait inadmissible face à des pompiers qui ne sont pas là pour se faire agresser mais pour vous venir en aide », lui assène le procureur de la République. « Il y a des limites à ne pas franchir et vous les avez franchis. »

Des remords

Compte tenu de « sa fragilité sociale et son rapport instable au travail », le procureur requiert une peine de six mois de prison avec sursis et propose 140 heures de travail d’intérêt général (TIG), des obligations de soins et une interdiction de port d’armes pendant cinq ans.

Avant la délibération, l’avocate du prévenu indique ce que lui a dit son client lors de leur première rencontre :

« Je n’ai pas agressé un pompier mais une famille entière car à travers lui, je visais son épouse et ses enfants. »

Rappelant sa « vie familiale, sentimentale et sociale chaotique » et sa maladie qui l’empêche de reprendre la route du travail, l’avocate s’interroge sur la faisabilité du travail d’intérêt général « pour un homme qui ne peut déjà pas aller sur son propre lieu de travail ».

Dans son jugement, le parquet n’a pas retenu de TIG, mais a condamné le Condéen à un an de prison assorti d’un sursis total, une mise à l’épreuve et une obligation de soins. Toutes ses armes seront également saisies et il ne pourra plus en détenir pendant cinq ans.

61250 Condé-sur-Sarthe

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