Saint-Germain-du-Corbeïs Discothèque Le Singe : la fête en cage, de père en fils

Premier feuilleton (sur huit) d'une série consacrée aux discothèques du pays d'Alençon : Le Singe, un monument des nuits alençonnaises.

17/03/2017 à 10:24 par Antoine Sauvêtre

Le Singe s'est agrandi au fil du temps pour accueillir son public. -
L'enseigne du Singe a aujourd'hui disparu, rue de l'Élan à Saint-Germain-du-Corbéis. -

À l’origine, le Singe n’aurait dû être qu’un salon de thé. C’est le père de Boris Gesbert, Raymond, qui l’avait ouvert en 1971. « Ça n’a pas duré longtemps car il a vite compris qu’il fallait se moderniser », témoigne le fils. Le déclic ? Une platine, ramenée par la sœur de Boris. Petit à petit, le patron du Salon de thé transforme son affaire en « club », souvent avec les moyens du bord.

Les débuts de ce qui allait devenir le Singe, un salon de thé où l'on venait danser au début des années 1970.
Les débuts de ce qui allait devenir le Singe, un salon de thé où l'on venait danser au début des années 1970.

« Suprématie de la nouveauté »

C’est un étudiant d’Alençon qui fabrique entièrement la table de mixage. De simples haut-parleurs sont installés et les premières notes de « musique moderne » résonnent dans le centre-bourg de Saint-Germain-du-Corbéis. Une révolution au début des années 1970.

« Les bals avaient encore le pouvoir », rappelle Boris, devenu DJ de son père dès l’âge de 16 ans.

« À cette époque, il fallait oser se lancer car les discothèques étaient vues comme un lieu « pas pour les vrais hommes » et probablement trop cher aussi pour certains. »

Mais la famille Gesbert pouvait s’appuyer sur un atout de taille : « la suprématie de la nouveauté ». « Il n’y avait rien de similaire à côté, à part La Lisière mais chez nous, les Alençonnais pouvaient venir à pied. »

À l’époque, les radios sont encore loin de diffuser la « nouvelle musique ». Pour en profiter, la seule solution était… de venir en boîte.

« Alors on a lancé Radio Cap Orne qui comptait 45 bénévoles. Le soir, la musique de la discothèque était diffusée en direct grâce à un simple fil que l’on avait tendu dans les locaux de la radio » (actuellement le bar-tabac du centre de Saint-Germain).

En 1983, Raymond Gesbert, part à l’étranger. Il n’en est jamais revenu. « L’arrivée de concurrents a peut-être joué sur sa décision soudaine », explique le fils, qui devient, dès lors, le nouveau patron.

Mixité totale

Il continuera de faire évoluer le Saint-Germain discothèque qui, à force d’être ainsi surnommé, est devenu le « Saint-Ge » puis Le Singe.

« Au fil du temps, j’ai agrandi la boîte en rognant petit à petit sur la maison de mes parents et en ouvrant vers le jardin. »

« Nous pouvions ainsi recevoir 400 personnes chaque soir, les jeudis, vendredis et samedis. Mine de rien, sur l’année, cela faisait quand même beaucoup de monde », s’étonne encore l’ancien gérant.

Le Singe s’est agrandi au fil du temps pour accueillir son public.
Le Singe s’est agrandi au fil du temps pour accueillir son public.

Sous sa direction, le lieu et sa fameuse cage de danse devient l’endroit prisé des étudiants d’Alençon.

« Il y avait les soirées des étudiants en plasturgie, celles des kinés aussi, qui faisaient souvent des soirées assez mythiques. »

« Chaque semaine, les trois tableaux étaient donc bien différents mais cela restait un lieu de mixité totale. »

Pour raviver les souvenirs de ses clients, Boris Gesbert cite :

« la cage, le filet au plafond, des barmans et DJ stars d’Alençon, la déco en faux marbre… »
Parmi les éléments qui ont participé à la légende du Singe, le filet au plafond, que l'on distingue sur cette photo, et bien sûr la cage au milieu de la piste.
Parmi les éléments qui ont participé à la légende du Singe, le filet au plafond, que l'on distingue sur cette photo, et bien sûr la cage au milieu de la piste.

Un mythe à vendre

La discothèque va connaître des nuits plus difficiles dans les années 2000. « Plusieurs choses nous ont fait mal : l’arrivée de la musique techno, qui a écarté les personnes de 30-35 ans, la fermeture plus tardive des bars, l’interdiction de fumer… », énumère-t-il. Les attitudes des clients ont aussi changé.

« Avant, c’était la mode de sortir le samedi soir. Aujourd’hui, les jeunes se retrouvent entre eux et ne sortent que s’ils sont nombreux. »

Et puis « d’animateur de soirée, je suis devenu policier, celui qui devait assurer l’ordre public ». Lassé, Boris finit par lâcher l’affaire familiale en 2012. Le Singe est à vendre depuis quelques mois. « J’ai eu des visites pour une salle de spectacle, une salle de remise en forme ou encore un cabinet de kiné. »

Un lieu que de nombreux Alençonnais aimeraient probablement revoir vivre un jour.

Le dossier “discothèques” de l’Orne Hebdo :
- Le Singe : la fête en cage de père en fils
À venir :
- La Forge : la touche Rock à Marchemaisons
– Le Bayokos : l’Arc-en-Ciel alençonnais
– Le Tempo : le bal devenu branché
– La Lisière : quand la forêt de Perseigne dansait
– Le Diapason : La Parisienne en campagne sarthoise
– Le Klubb : le bolide suspendu de La Hutte
– Le Lipstick : le rêve de six bâtisseurs à Livaie

Bonus : l’article de L’Orne Hebdo pour les 30 ans du Singe

61000 Saint-Germain-du-Corbeïs

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