Polémique autour du concert "SOS Planète", finalement annulé !

L'annonce de l'événement, pour le 17 avril, a été accompagnée d'une lettre ouverte qui a provoqué l'indignation de la plupart des commerçants partenaires. Enquête sur une....

Dernière mise à jour : 03/12/2012 à 16:52

L’annonce de l’événement, pour le 17 avril, a été accompagnée d’une lettre ouverte qui a provoqué l’indignation
de la plupart des commerçants partenaires. Enquête sur une association inquiétante. Et révélations parues dans l’Orne Hebdo des 6, puis 13 avril 2010…

Les membres de l'association sillonnaient la semaine dernière les rues d'Alençon pour promouvoir leur concert ( tout à gauche : Yves Bernelas, le président).
Les membres de l'association sillonnaient la semaine dernière les rues d'Alençon pour promouvoir leur concert ( tout à gauche : Yves Bernelas, le président).

Ils appellent à la formation d’une cellule de crise pour “se préparer aux catastrophes naturelles”. Les membres de l’association ADCL Entraide (basée à Lisieux), pour “rassembler” et “faire passer leur message” ont prévu un concert à Alençon, le 17 avril, avec, en tête d’affiche, le groupe Gold (sans le chanteur). Un événement qui aura lieu au Parc Élan. Une manifestation “banale” a priori, mais dont la tournure est en train de prendre un tout autre visage, depuis la diffusion d’une plaquette annonçant l’événement.
Un “quatre pages” contenant une “lettre ouverte aux chefs politiques – religieux – médias – citoyens”, dans laquelle certains propos attaquent ouvertement “le monde politique”, “le monde scientifique” et “le monde religieux”. Une lettre qui prêche également “l’inédite spiritualité”, incarnée par l’association, et plus précisément son président. Un message aux relents sectaires non dissimulés.


Articles parus le 6 avril 2010 :



Enquête autour des organisateurs

Ils appellent à la formation d’une cellule de crise pour “se préparer aux catastrophes naturelles“. Les membres de l’association ADCL Entraide (basée à Lisieux), pour “rassembler” et “faire passer leur message” ont prévu un concert à Alençon, le 17 avril, avec, en tête d’affiche, le groupe Gold (sans le chanteur). Un événement qui aura lieu au Parc Élan. Une manifestation “banale” a priori, mais dont la tournure est en train de prendre un tout autre visage, depuis la diffusion d’une plaquette annonçant l’événement.

Un “quatre pages” contenant une “lettre ouverte aux chefs politiques – religieux – médias – citoyens“, dans laquelle certains propos attaquent ouvertement “le monde politique“, “le monde scientifique” et “le monde religieux“. Une lettre qui prêche également “l’inédite spiritualité“, incarnée par l’association, et plus précisément son président. Un message aux relents sectaires non dissimulés.

Manipulations

Un discours “choquant” pour de nombreux commerçants, qui se trouvent associés au projet. En amont du concert, le président Yves Bernelas, et les sept autres membres de l’association ont en effet tissé des partenariats avec une centaine de commerçants d’Alençon. “On nous a proposé de diffuser notre publicité sur écran géant le soir du concert en échange de quoi on nous a laissé des places gratuites. On nous a aussi proposé d’acheter un encart publicitaire sur la plaquette annonçant le concert. J’ai accepté“, se souvient Marynoëlle Jean, gérante des “Trouvailles d’Anaphélie”, dont la publicité est visible sur la fameuse plaquette.

Comme elle, de nombreux commerçants ont joué le jeu. Mais ils ignoraient que la plaquette contiendrait cette “lettre ouverte“. ” On m’avait promis un bon à tirer que je n’ai jamais reçu. J’ai découvert le produit fini quand un membre de l’association est venu me déposer les plaquettes“, explique-t-elle. La stupeur a été de taille lorsqu’elle a découvert le contenu du message délivré par l’ADCL Entraide. « On ne m’avait pas du tout présenté les choses comme ça. Je ne souhaite pas être associée à un tel discours ».

Même réaction du côté de Class’attitude : “ J’ai eu un bon à tirer juste pour mon encart, on n’a pas été averti de la présence de la lettre“, explique Karim, gérant. Lorsqu’il a découvert le document il a “tout jeté à la poubelle“ : ” ils font ce qu’ils veulent dans leur coin mais je refuse de voir mon enseigne associée à ça, c’est de la manipulation“. Le commerçant a eu une discussion houleuse avec les membres de l’association : ” ils ont admis qu’ils ne nous avaient pas informés de la lettre ouverte et sont d’accord pour que je ne paie pas“. Marynoëlle Jean a, elle aussi, pu récupérer ses deux chèques de 60 €. Isabelle Rousseau, gérante de la boutique Audace & Rousseau devrait également pouvoir récupérer son chèque. Surtout pas de scandale avant le concert…

Où va l’argent ?

Précisément, sur les attaques envers le monde religieux, scientifique et politique, Yves Bernelas s’explique : ” Entre moi et toutes les religions, ça frite. Elles font du lavage de cerveau. Pour les politiques et les scientifiques c’est la même chose, ce sont des incapables“. Selon lui, son association a simplement pour but de “rassembler des humanistes, des donateurs, pour mener des actions concrètes envers les plus défavorisés“. Il rappelle les actions déjà effectuées : don de fauteuils roulants, de lits pour le Maroc. Ou, plus récemment, “l’envoi de vêtements en Vendée“. Il indique que “l’inédite spiritualité est une nouvelle manière de penser, qui rassemble, peu importe l’étiquette politique ou la religion“.

À la question : où ira l’argent du concert (les places sont à vendre au prix de 34,70 € et 11 €) ?,  il assure qu’ “il sera placé sur un compte bloqué et servira à aider de futurs sinistrés de catastrophes naturelles“.

“Mouvement dérivant”

Pourtant, au-delà de la “manipulation” des commerçants alençonnais, des questions se posent sur l’identité de l’association (qui rassemblerait plus de 4 000 donateurs) et sur le bien fondé du concert. Le message délivré dans la lettre ouverte est développé sur le site internet de l’association, de manière plus radicale, mais tout autant incohérente (voir encadré). On y découvre “l’histoire spirituelle” du président, Yves Bernelas. À travers “ses apparitions“, ce dernier aurait pris conscience de “l’arrivée du messie“, en 88. On y apprend aussi que ce dernier a “été mis en examen judiciaire pour abus de faiblesse” en 1997. Affaire qui s’est terminée par un non-lieu, prononcé par le parquet de Lisieux.

Interrogée sur le sujet, l’ADFI (Association de défense des familles et de l’individu victimes de sectes), met en garde : “ l’ADCL Entraide est connue de nos services. Ils sont très bien implantés à Lisieux“. “Beaucoup de personnes” se seraient estimées victimes d’arnaques et seraient venues se renseigner auprès de l’ADFI. Peut-on qualifier l’association de secte ? “Non, mais on peut dire que c’est un mouvement dérivant. Nous avons un dossier sur eux et nous les suivons, mais nous sommes là uniquement pour aider les victimes“.

Si l’on regarde de plus près les statuts de l’association (depuis 2009 à Lisieux), on découvre que sa raison sociale est d’ “aider les personnes délaissées souffrant de mal de vivre, ayant des idées de suicide, etc. ; matérialiser divers concepts d’actions d’entraide ; appeler à la constitution du Conseil mondial des actions d’entraide et de solidarité de cœur“. Ou comment toucher un public fragile et influençable.




Au cœur du message

Extraits du site internet de l’ADCL Entraide (Association débat des croyants laïcs).


« L’humanité est manipulée – trompée – abusée par les chefs des religions Juives – Chrétiennes – Musulmanes et autres »

« Au-dessus de la galerie peinture d’Yves Bernelas, est élevée la Croix Glorieuse exterminatrice des forces du mal, pour annoncer l’arrivée du Messie à tous les croyants »

« Il est 4 heures du matin, Yves Bernelas est réveillé par un sifflement aigu à l’oreille gauche, la voix puissante lui dit “Le père – le fils – ton esprit” ceci répété trois fois »

« Pour faire savoir au monde que l’inédite spiritualité partait du Maroc, A.D.C.L. Entraide de 2003 à 2010, pratiquement mensuellement, a effectué des actions humanistes »




“On s’est fait avoir”

Comme tout le monde, on a compris trop tard à qui on avait affaire“, déplore Guillaume Barnier, directeur de l’Office de tourisme d’Alençon, chargé des réservations et des ventes de billets pour le concert du 17 avril (au même titre que Leclerc, Carrefour, la Fnac, et Auchan). Quand il a découvert la lettre ouverte et le site internet, Guillaume Barnier a décidé d’arrêter la promotion de l’événement. ” On s’est fait avoir, donc on a enlevé les affiches et les tracts annonçant le concert“, explique-t-il. Concernant la vente de billet, l’Office de tourisme est “obligé” de continuer. “On a signé une convention avec eux et c’est une association qui a pignon sur rue, on ne peut pas stopper“. Pour le moment, seulement cinq places ont été vendues à l’Office de Tourisme.

Dominique Faguier, directeur de l’association gérant le Parc Élan, souligne qu’il “a vu des personnes qui souhaitaient louer le Parc Élan pour un concert SOS Planète. Je l’ai loué à un prix intéressant, comme pour toute œuvre caritative“.

Il ajoute : “L’association m’a paru en règle, les responsables présentaient bien“.

Ladite association a versé l’acompte de 50 %. Le solde doit être payé le jour du concert.

  • Coup de gueule
  • Un grand show ou une grand-messe ?

« Un concert humanitaire », ou « humaniste », tels sont les termes employés par les organisateurs du « grand retour en live de Gold », le 17 avril à Alençon, pour proposer à l’Orne Hebdo un partenariat. Quand ils sont venus nous trouver, il y a plusieurs semaines, ils nous ont offert de faire gagner des places à nos lecteurs et de faire figurer notre logo sur l’affiche du concert. Pourquoi pas ? A étudier en effet…

Quelques jours plus tard à peine, lesdites affiches étaient éditées, distribuées chez les commerçants, avec le logo de notre journal. Nous apprenons par nos clients annonceurs, que des individus les démarchent en usant de l’argument « partenaires de l’Orne Hebdo ». Pas très fair-play, d’autant que nous n’avions pas donné notre accord, n’ayant aucune information sur nos interlocuteurs. Tout au plus apprenons-nous qu’ils ont bénéficié, pour louer le parc des Expos, d’un tarif « œuvres caritatives » ! Entre-temps, nous consacrons un article à l’initiative. Mais les organisateurs restent laconiques sur l’objectif : « récolter de l’argent pour faire face aux grandes catastrophes » (lire Orne Hebdo du 17 novembre dernier).

Ils montrent clairement leur souci de se faire une respectabilité, et de médiatiser leur existence : « nous avons aussi besoin du soutien des people pour nous faire connaître », déclare alors Yves Bernelas, président de l’association. Qui annonce la création d’une radio à Lisieux et la vente de CD pour récolter des fonds.

Le masque tombe

C’est en cette fin du mois de mars que nous avons compris à qui nous avions affaire. Le tract annoncé est distribué chez de nombreux commerçants (près de cent “partenaires” seraient concernés sur Alençon). L’association tombe le masque. Une page sur les quatre est consacrée à une lettre ouverte « aux chefs politiques, religieux, médias, citoyens ». Un ton très agressif, des termes à tendance sectaire : on dénonce, on accuse, et on se réclame d’une « Spiritualité laïque ». Et on propose des solutions : «  secours planète –humains –Âmes (sic) en un seul secours le SOS Catastrophes Monde ». Rien n’est clair, les phrases n’ont ni queue ni tête, mais on sent qu’ils veulent défendre la planète et l’humanité. Qui pourrait être contre un tel objectif ? Les commerçants associés malgré eux à un tel discours se font rembourser le prix de l’encart, mécontents.

Pratiques sectaires

Le site internet est encore plus troublant. Entre l’histoire spirituelle d’Yves Bernelas, ses certificats de bonne santé mentale, avis de non-lieu dans des procédures correctionnelles, le récit de ses visions ou « rencontres » avec le Messie ou Satan, … on se perd et on comprend vite que l’histoire n’est pas saine. Pas sainte non plus.

Une petite recherche sur internet à propos de Yves Bernelas permet aussi de se rendre compte que le personnage est très complexe, ambigu, et maîtrise en tout cas bien les techniques rhétoriques des gourous. Qu’il est à la tête de nombreuses associations, dirige une société nommée « La Croix Glorieuse », témoigne d’actions humanitaires au Maroc, entre autres choses.

C’est ce qui nous a donné envie de réaliser ce dossier. De révéler qui se cache derrière ce « grand retour de Gold » aux faux accents de variété mêlée de bons sentiments caritatifs. De permettre à tous les partenaires qui ont été abusés, de faire machine arrière pendant qu’il en est encore temps (s’ils le souhaitent, bien sûr !). De dire haut et fort – comme l’Orne Hebdo – qu’ils ne cautionnent ni la pratique, ni le message.

Ce « capitaine abandonné » qui cherche à se faire une place « un peu plus près des étoiles » avance masqué. Profère des propos pas toujours cohérents, inquiétants par certains aspects. Et on est en droit (en devoir ?) de se demander où ira l’argent récolté pendant le concert. Et quelles pratiques de racolage peuvent se pratiquer à l’occasion de ce grand rassemblement de foule, typique des pratiques sectaires.


David Guévart, Editeur

En cas de doute sur des pratiques dérivantes, consultez le site de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires : http://www.miviludes.gouv.fr


Et ensuite : articles à lire dans l’Orne Hebdo de ce 13 avril

  • Organisé par l’ADCL Entraide, au parc des expositions
  • Le concert “SOS Planète” annulé

Suite à la polémique autour du concert “SOS Planète” (voir L’Orne Hebdo du 6 avril) les membres de l’association ADCL Entraide ont décidé d’annuler l’événement. La soirée devait se dérouler au parc des expositions le 17 avril, avec pour tête d’affiche, le groupe “Gold”.
Une nouvelle “bien accueillie” par la plupart des commerçants qui étaient “partenaires” du projet (ils devaient distribuer des places en échange d’une publicité sur grand écran le soir du show) et qui ont découvert, lors de la promotion du concert, la “lettre ouverte aux chefs politiques, religieux, médias, citoyens”. Un message qui prêche une “inédite spiritualité”.
“Nous n’avons jamais eu de bon à tirer nous présentant cette lettre. On s’est retrouvé associé à un discours que l’on ne cautionne pas”, rappelle Isabel Rousseau, gérante d’Audace et Rousseau. Comme elle, plusieurs commerçants alençonnais ont réagi en se retirant du projet et en exigeant d’être remboursé.
Mardi 6 avril, de nombreux commerçants ont reçu une lettre de l’association ADCL Entraide précisant qu’elle était ” contrainte d’annuler le concert”.
Un soulagement pour certains. ” C’est bien que ce soit annulé. Notre logo était affiché en grand sur la banderole, on ne voulait pas être associé au message que délivre cette association. Avec le concert, on aurait encore vu notre logo partout”, confie le gérant d’Atout Pub, Sylvain Maréchal.
Une évidence pour d’autres : ” vu le contexte, ça n’avait plus lieu d’être”, remarque Isabel Rousseau. ” On n’a pas réglé, on ne voulait plus être partenaire. Ça aurait été inadmissible que notre image soit associée à eux”, indique, de son côté Léon – Pierre Jouvin, chef des ventes chez Mercedes (Normandie Etoile Automobiles).
Certains regrettent tout de même la venue de Gold, comme Samuel Budet, propriétaire du restaurant le Colibri : ” On a payé 138 € alors oui, on aurait aimé que notre publicité soit visible ce soir-là. D’autant qu’on a plus aucunes nouvelles de l’association, maintenant que c’est annulé”.
Du côté de la direction du parc Elan, on confirme l’annulation mais on ne porte pas de jugement : ” notre métier c’est de louer, point”.
” Ne pas salir l’image du groupe”
Les producteurs du groupe Gold, Chistophe Labory et Nohann Lefèvre, assurent “ignorer tout de l’association ADCL Entraide”. Eux non plus, n’ont pas signé de bon à tirer pour le quatre pages annonçant le concert. Un document qui comporte pourtant, en première page, une photo du groupe. ” On est très agacés car on veille de près à l’image de Gold. On ne savait pas qu’un tel discours serait tenu avec l’annonce du concert. Ce genre de chose salit l’image du groupe”, expliquent-ils. Les producteurs ont “vendu” une date de la tournée de Gold à l’ADCL en octobre dernier. ” On nous a expliqué que c’était pour une cause humanitaire, c’est tout”. Les membres du groupe, eux, “ne connaissent absolument pas le président de cette association”. Tout s’est fait via la société de production.
Les deux producteurs ont également découvert, il y a quelques jours, le site internet de l’ADCL Entraide et “l’histoire spirituelle” d’Yves Bernelas (le président de l’ADCL). ” On ne cautionne pas tout cela et on va annuler notre autre date prévue avec eux, le 18 septembre”. Pas de regret quant à la rencontre manquée avec le public alençonnais ? ” Non, un concert annulé ce n’est pas un drame. Et dans des conditions pareilles, c’est mieux comme ça”.


Le rôle du journal dans l’annulation…


Ecrire que les organisateurs du concert Gold ont mal pris nos révélations de la semaine dernière serait un euphémisme. « L’Orne Hebdo tue les concerts SOS planète », ont-ils titré le tract adressé à l’ensemble de leur fichier « partenaires ». Un tract insultant et diffamatoire à l’égard du journal, et surtout confirmant pleinement leur dérive textuelle et spirituelle. Un discours dérivant, incohérent, peu compréhensible, mais qui continue de leur faire tomber le masque.

Pour le journal, pour autant, cette annulation n’est pas une victoire. Nous aurions été très intéressés de couvrir l’événement, d’y mettre les pieds, d’entendre, de voir, et de témoigner, le cas échéant, de notre erreur de jugement. Ou de le confirmer.

L’annulation du concert montre à quel point l’association ADCL Entraide n’est pas à l’aise avec ses propres thèses. L’Orne Hebdo n’a pas à s’en réjouir ou s’en offusquer. Le journal tient son rôle quand il décrypte et révèle, sans condamner. Dans son rôle de médiateur, il met en relation les acteurs de son territoire. S’il peut contribuer à une prise de conscience, de manière à éclairer humblement les choix de chacun, c’est un devoir citoyen et journalistique qu’il accomplit.

David Guévart, Editeur


Et parution dans “le Pays d’Auge” du vendredi 9 avril 2010, à Lisieux :

  • POLEMIQUE – Le message et les pratiques de l’association lexovienne choquent
  • « ADCL Entraide » fait scandale à Alençon

Un concert organisé par l’ADCL Entraîde à Alençon défraye la chronique. Les commerçants partenaires n’ont en effet pas apprécié le contenu rédactionnel du programme, une « lettre ouverte aux chefs politiques — religieux — médias — citoyens », dans laquelle certains propos attaquent ouvertement « le monde politique », « le monde scientifique » et « le monde religieux »…
L’association Lexovienne ADCL Entraide fait scandale à Alençon. Sous couvert de l’organisation d’un concert intitulé « SOS Planète », elle a réalisé un programme accompagné d’une lettre ouverte qui a provoqué l’indignation de la plupart des commerçants partenaires de l’opération. Embarqué lui aussi à corps défendant dans l’opération, le journal local, L’Orne Hebdo, qui a vu son logo apposé sur les affiches sans en avoir donné l’autorisation, a vivement réagi en publiant une enquête édifiante sur ce que son éditeur appelle « une association inquiétante » : « Ils appellent à la formation d’une cellule de crise pour « se préparer aux catastrophes naturelles ». Les membres de l’association ADCL Entraide, pour « rassembler » et « faire passer leur message » ont prévu un concert à Alençon, le 17 avril, avec, en tête d’affiche, le groupe Gold (sans le chanteur) », rappelle le journal. « Une manifestation « banale » a priori, mais dont la tournure est en train de prendre un tout autre visage, depuis la diffusion d’une plaquette annonçant l’événement. «
Religions attaquées
« Un « quatre pages » contenant une « lettre ouverte aux chefs politiques — religieux — médias — citoyens », dans laquelle certains propos attaquent ouvertement « le monde politique », « le monde scientifique » et « le monde religieux ». Une lettre qui prêche également « l’inédite spiritualité », incarnée par l’association, et plus précisément son président [… ] Un discours « choquant » pour de nombreux commerçants, qui se trouvent associés au projet (… et…) ignoraient que la plaquette contiendrait cette « lettre ouverte ». « On m’avait promis un bon à tirer que je n’ai jamais reçu. J’ai découvert le produit fini quand un membre de l’association est venu me déposer les plaquettes », explique ainsi une commerçante dont la stupeur a été de taille lorsqu’elle a découvert le contenu du message délivré par l’ADCL Entraide. « On ne m’avait pas du tout présenté les choses comme ça. Je ne souhaite pas être associée à un tel discours ». »
« Des incapables »
Interrogé par le journal sur les attaques envers le monde religieux, scientifique et politique, Yves Bernelas s’explique : « Entre moi et toutes les religions, ça frite. Elles font du lavage de cerveau. Pour les politiques et les scientifiques c’est la même chose, ce sont des incapables ». Selon lui, son association a simplement pour but de « rassembler des humanistes, des donateurs, pour mener des actions concrètes envers les plus défavorisés ». Il rappelle aussi les actions déjà effectuées par l’association : don de fauteuils roulants, de lits pour le Maroc. Ou, plus récemment, « l’envoi de vêtements en Vendée ». Il indique que « l’inédite spiritualité est une nouvelle manière de penser, qui rassemble, peu importe l’étiquette politique ou la religion ».
À la question : où ira l’argent du concert, il assure qu’« il sera placé sur un compte bloqué et servira à aider de futurs sinistrés de catastrophes naturelles ».
Au-delà de la « manipulation » dont pensent être victimes les commerçants alençonnais, le journal s’interroge sur l’identité de l’association (qui rassemblerait plus de 4 000 donateurs) : « Le message délivré dans la lettre ouverte est développé sur le site internet de l’association, de manière plus radicale. On y découvre « l’histoire spirituelle » du président, Yves Bernelas. À travers « ses apparitions », ce dernier aurait pris conscience de « l’arrivée du messie », en 88. » (lire encadré)
« C’est à la fin du mois de mars que nous avons compris à qui nous avions affaire. En réalisant ce dossier, nous avons voulu révéler qui se cache derrière ce « grand retour de Gold » aux faux accents de variété mêlée de bons sentiments caritatifs ; de permettre à tous les partenaires qui ont été abusés, de faire machine arrière pendant qu’il en est encore temps (s’ils le souhaitent, bien sûr !) ; de dire haut et fort – comme l’Orne Hebdo – qu’ils ne cautionnent ni la pratique, ni le message », conclut David Guévart, l’éditeur du journal, qui insiste : « on est en droit de se demander où ira l’argent récolté pendant le concert, et quelles pratiques de racolage peuvent se pratiquer à l’occasion de ce grand rassemblement de foule, typique des pratiques sectaires ».
Au cœur du message
Extraits du site internet de l’ADCL Entraide (Association débat des croyants laïcs) : « L’humanité est manipulée – trompée – abusée par les chefs des religions Juives – Chrétiennes – Musulmanes et autres ». « Au-dessus de la galerie peinture d’Yves Bernelas, est élevée la Croix Glorieuse exterminatrice des forces du mal, pour annoncer l’arrivée du Messie à tous les croyants ». « Il est 4 heures du matin, Yves Bernelas est réveillé par un sifflement aigu à l’oreille gauche, la voix puissante lui dit « Le père — le fils — ton esprit » ceci répété trois fois ». « Pour faire savoir au monde que l’inédite spiritualité partait du Maroc, A. D. C. L. Entraide de 2003 à 2010, pratiquement mensuellement, a effectué des actions humanistes ».
Mise en garde
Si l’on regarde de plus près les statuts de l’association lexovienne, on découvre que sa raison sociale est d’« aider les personnes délaissées souffrant de mal de vivre, ayant des idées de suicide, etc. ; matérialiser divers concepts d’actions d’entraide ; appeler à la constitution du Conseil mondial des actions d’entraide et de solidarité de cœur ».
Interrogée sur le sujet, l’ADFI (Association de défense des familles et de l’individu victimes de sectes), met en garde : « l’ADCL Entraide est connue de nos services. Ils sont très bien implantés à Lisieux ». « Beaucoup de personnes » se seraient estimées victimes d’arnaques et seraient venues se renseigner auprès de l’ADFI. Peut-on qualifier l’association de secte ? « Non, mais on peut dire que c’est un mouvement dérivant. Nous avons un dossier sur eux et nous les suivons, mais nous sommes là uniquement pour aider les victimes ».

  1. Nadia
    26 avril 2010 13:54
    Je pense que Madame Jean aurait pu demander a avoir la plaquette, cette situation aurait pu être évité si elle aurait suivit le déroulement du projet. Mais les commerçants on eu raison de retirer leurs noms de ce "groupes" de personnes. Est ce qu'il y aura des poursuites au niveau de la justice contre ces Messieurs Dames?
  2. claude
    25 avril 2010 22:10
    HONTEUX IL FAUT PUNIR LES RESPONSABLES DE CETTE ASSOCIATION !

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